Une alimentation saine pour optimiser notre système immunitaire

 

Il est certain que l’alimentation joue un rôle pour stimuler notre immunité. Que faut-il exactement pour renforcer notre système de défense et permettre à notre organisme de lutter efficacement contre les rhumes, la grippe et autres affections, y compris le Covid-19 ?

 

La nutrition est un fondement pour l’immunité. Lors d’une agression microbienne ou virale, les besoins du corps sont augmentés en énergie pour faire fonctionner le système immunitaire, mais aussi en protéines pour fabriquer des anticorps ainsi qu’en éléments médiateurs de l’inflammation tels que les oméga-3 et les vitamines.

 

Les protéines et oméga-3

Les protéines sont apportées par les viandes, œufs et poissons, et les oméga-3 sont présent dans l'huile de colza et les poissons gras.

 

La vitamine C

La vitamine C est bien connue comme étant un fondement de l'immunité. Elle est présente dans les fruits et les légumes, tout particulièrement dans les agrumes, les fruits rouges, le kiwi, les épinards, le cresson, le persil, le poivron et les choux. Elle est en grande partie dégradée par la chaleur (mieux vaut éviter les cuissons intenses et longues). Elle est un antioxydant puissant qui aide à la régénération des cellules immunitaires.

 

La vitamine D

La vitamine D a été récemment mise en lumière pour lutter contre le coronavirus Sars-CoV-2. Bien que cela ne soit pas un scoop, car elle est connue depuis longtemps pour ses propriétés essentielles à la bonne santé osseuse et son effet protecteur vis-à-vis des infections des voies respiratoires. La vitamine D est peu présente dans l'alimentation ; elle est surtout synthétisée par la peau sous l'effet des rayons ultraviolets et peut aussi être prise sous forme de complément. Les trois quarts de la population française, et même européenne, sont carencés en vitamine D. Or la vitamine D active les cellules lymphocytes T qui produisent des anticorps destinés à détruire bactéries et virus. Une supplémentation en vitamine D réduit le risque d'infection respiratoire aiguë de 70 % chez les patients carencés.

 

Les probiotiques

Véritables bactéries « amies », il s'agit de près de 100 000 milliards de bactéries présentes dans notre tube digestif (désignées par le terme de microbiote), les probiotiques empêchent les bactéries pathogènes de coloniser nos intestins en jouant un rôle barrière. La flore intestinale peut être significativement modifiée par un traitement antibiotique, une gastro-entérite, du stress, de la fatigue ou par une mauvaise alimentation. Ce déséquilibre augmente le risque d'infection. Pour renforcer le microbiote, il faut alors augmenter la consommation d'aliments lacto-fermentés (comme les yaourts, les laits fermentés, la choucroute) et également les aliments riches en fibres.

 

Les oligo-éléments

Les oligo-éléments sont des minéraux présents en très petites quantités dans notre corps et indispensables au bon fonctionnement de celui-ci. D’une manière générale, pour lutter contre les infections virales et bactériennes, les minéraux et les oligo-éléments agissent à plusieurs niveaux. Le fer est indispensable à la formation des globules rouges et pour les défenses immunitaires, en association avec la vitamine C. L'association cuivre/or/argent est bénéfique pour lutter contre les infections de la sphère ORL. Le cuivre est anti-inflammatoire, anti-infectieux et antioxydant (il aide à combattre la grippe). L'or est anti-inflammatoire et immunostimulant, et aide à lutter contre la fatigue après une maladie infectieuse. L'argent est anti-inflammatoire, il aide à combattre les rhumes, les rhinites et les sinusites.

Le zinc est un oligo-élément qui participe à de nombreuses fonctions dans notre organisme dont celui de stimuler le système immunitaire. Le zinc se trouve dans les aliments riches en protéines comme les crustacés, le foie, le jaune d'œuf, les céréales complètes. Mais il n'est pas stocké dans notre corps, et pour cette raison près de 80 % des adolescents sont carencés en zinc. Il peut être alors intéressant de le prendre sous forme de complément alimentaire. Sa dose journalière recommandée est de 15 mg par jour et lors d'une infection, il est recommandé de quadrupler cette dose pendant 7 jours : cela réduit de moitié la durée d'un rhume, à condition de commencer immédiatement le traitement après l'apparition des premiers symptômes.

 

Les données les plus récentes

Les récentes observations scientifiques relevées entre 2020 et 2021 chez des patients infectés par le Sars-CoV-2 confirment que les patients avec des symptômes sévères avaient une immunité plus faible et présentaient une inflammation excessive. Une récente étude parue dans The Lancet a montré que plus dramatique que le virus Sars-CoV-2 lui-même, est l’excès d’inflammation que notre corps ne peut réguler. Or nous savons que les oméga-3, la vitamine D, mais aussi certains microorganismes probiotiques participent à la gestion de l’inflammation dans notre corps, notamment par l’intermédiaire d’un microbiote intestinal en bonne santé.

Les taux d’oméga-3 les plus faibles seraient également corrélés aux taux de mortalité les plus élevés. À l’inverse, une autre étude montre que les patients avec les index oméga-3 les plus hauts ont une réduction de 75 % du risque relatif de mourir suite à une infection par le Covid-19. La consommation régulière de poisson gras (riche en oméga-3) permet d’atteindre une zone dite de « risque faible » pour la prévention des maladies inflammatoires et infectieuses.  Sur près de 400 000 répondants au Royaume-Uni, ceux qui ont consommé des compléments alimentaires avec probiotiques, acides gras oméga-3, et vitamine D réduisent le risque d’infection par le Sars-CoV-2 et la supplémentation en oméga-3 abaisse de 36 % le risque de mortalité. Cette amélioration significative de survie s'explique aussi par l'augmentation du nombre de lymphocytes dans le sang.

D’autre part, ajouter plus de diversité dans nos assiettes avec notamment des fibres qui nourrissent le microbiote et des produits fermentés qui permettent de l’enrichir avec d’autres microbes bénéfiques permet de modérer l’inflammation en association avec les oméga-3 et la vitamine D.

Le Professeur Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille recommande une alimentation barrière pour se prémunir contre l’obésité et la dénutrition qui sont des facteurs de comorbidité importants dans l’épidémie de Covid-19. Le microbiote intestinal joue un effet barrière comme un bouclier face à l’invasion par des germes pathogènes. Il est important de garder une bonne écologie intestinale pour garder microbiote en bonne santé, car son déséquilibre rend les intestins plus perméables aux agents pathogènes.

 

En conclusion

Des apports équilibrés en protéines et en lipides avec une bonne proportion en oméga-3 et riches en vitamines C et D et oligoéléments pourraient donc être proposés comme un accompagnement aux traitements médicamenteux employés afin de limiter le risque d’aggravation des symptômes lors d'une infection.

 

Par le Docteur Sophie Ortega